On m'a invité à Clair ...
Et je m'y suis retrouvé.
J’aurais sincèrement de la difficulté à vous décrire ce qu’est Clair. En fait, je crois qu’il faut le vivre pour réellement le comprendre… Mais sincèrement, je n’étais pas prêt. J’en ai pourtant vu, des colloques et animé, des ateliers. Mais rien de comparable à Clair.
Alors laissez-moi quelques instants vous amener dans les souvenirs alors que mon esprit est encore en ébullition. J’y suis arrivé par un jeudi glacial de janvier. Le colloque a lieu au Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska, une toute petite école, perdue à environ 30 minutes au sud-ouest d’Edmundston, accueillant environ 180 élèves de la maternelle à la 8e année. Oui, Clair a lieu DANS une école primaire, perdue à la limite des frontières. L’emplacement est, en lui-même, dépaysant.
Dans une école, avec les élèves.
Pour voir l’apprentissage autrement, on nous invite même à rencontrer les élèves, qui passent toute la journée du vendredi avec nous. Ces derniers nous partagent leurs projets personnels de robotique, de programmation, de construction, etc. Ils nous racontent ce qui les passionne. Et là, j’ai eu des coups de cœur 💖:
Je revois les yeux pétillants de ces jeunes filles (7e année!) qui ont réalisé un bras robotisé contrôlé par capture de mouvement.
Je repense à ces garçons qui nous faisaient la démonstration de combats de robots et contre qui j’ai joué quelques manches.
Et cette élève qui a eu la piqûre pour la réalisation de podcasts. Elle était bien impressionnée de m’interviewer, mais j’étais subjugué par son aplomb et sa passion. Bravo, tu étais inspirante à voir.
L’école est ouverte sur la communauté
À Clair, la communauté entre dans l’école. Elle est partie prenante de l’éducation des jeunes. Plusieurs projets voient le jour via le soutien d’individus ou d’entreprises. On voit grand et en dehors de la boîte. Le contraste avec nos écoles québécoises était frappant et, il faut l’avouer, un peu déprimant. Peut-être serions-nous mûrs pour ouvrir nos portes, tout comme eux. Et si une meilleure éducation passait d’abord et avant tout par une synergie avec la communauté. Ne dit-on pas qu’il faut tout un village pour élever un enfant?
Le personnel est engagé
À Clair, j’ai rencontré des personnes de cœur qui ne comptent pas leurs heures pour que les élèves s’épanouissent. Dans les faits, le colloque est en grande partie organisé POUR les élèves, mais surtout PAR le personnel en place. Pourquoi? Pour que les jeunes aient l’occasion de partager leurs projets et leur fierté de s’être dépassés. J’y ai rencontré monsieur Joey, le directeur. C’est un ancien élève de l’école et on voit qu’il a Clair de tatoué sur le cœur. C’est lui le maître d’œuvre. Il épaule son équipe, lui permet de briller. J’ai aussi rencontré madame Chantal, une boule d’énergie tellement volubile qu'elle en devient étourdissante. Chantal rayonne, encourage et pense en dehors de la boîte. Elle et son conjoint Marc ont fait le tour du monde et nous ont partagé leur expérience. Et tous ces enseignants qui ne comptent pas leurs heures, tout ça afin que LEURS élèves s’épanouissent pleinement. Aller à Clair, c’est faire une saucette dans un bain de passion.
Les participants …
À Clair, j’ai rencontré des gens de tous les horizons. Des enseignants francophones, du public et du privé, provenant du Québec, du Nouveau Brunswick et de la Nouvelle Écosse. J’y ai parlé avec ces conseillers pédagogiques, des directions, des doctorants en éducation, des professeurs universitaires. Nous étions tous portés par l’ambiance, en communion avec l’équipe école. Nous avons ensemble réinventé l’éducation, remis en question des certitudes, eu des discussions courageuses. Les échanges étaient riches et m’ont amené à réévaluer mes pratiques… à challenger mes priorités.
Et moi, dans tout ça ?
Et moi, qu’est-ce que je suis allé chercher à Clair ? À vrai dire, je ne savais pas ce que j’allais y chercher… mais je m’y suis retrouvé.
Je ne vous cacherai pas que les derniers mois ont été difficiles sur le plan personnel et professionnel. Je me sentais perdu, démotivé, inutile. Mais alors que j’allais y prononcer une conférence s’intitulant Nous sommes tous des influenceurs pédagogiques, je crois que Clair m’a permis de remettre en perspective mon engagement pour l’éducation. Ces rencontres m’ont recentré. Elles m’ont nourri.
À Clair, ma vocation est entrée en résonance avec celle de mes semblables.
Clair, nous nous reverrons plus tôt que tard.
À bientôt.

Une belle façon de mettre des mots sur une expérience ressourçant!
J’ai fait 2 Clair et à chaque fois je suis retournée dans ma classe avec l'énergie de ce moment. Je l'ai vécu en ligne cette année et l'énergie est quand même la... moins forte sans l'humain et avec un gros manque sans la rencontre des élèves mais bien la quand même.
Clair est un exemple, une possibilité de voir l’ecole autrement, le colloque nous invite à inventer la nôtre!
Oui je trouve que c’est une conférence qui te redonne de l’énergie!